Les chiffres du chômage sont comme ceux des manifestations, il faut appliquer un coefficient multiplicateur pour obtenir les véritables.
Malgré les annonces tonitruantes du gouvernement sur la baisse du chômage, le plein emploi n’est pas encore pour demain. Le gouvernement nous ment, les chiffres qui suivent ne sont pas les suppositions haineuses d’une opposition pavlovienne, ce sont ceux consultables sur un site gouvernemental….
Source Ministère du Travail. mars 2008
Demandeurs d’emploi de catégorie 1 : 1 896 800
Demandeurs d’emploi de catégorie 2 : 331 100
Demandeurs d’emploi de catégorie 3 : 224 100
Demandeurs d’emploi de catégorie 4 : 171 500
Demandeurs d’emploi de catégorie 5 : 225 200
Demandeurs d’emploi de catégorie 6 : 476 600
Demandeurs d’emploi de catégorie 7 : 70 400
Demandeurs d’emploi de catégorie 8 : 90 700
Demandeurs d’emplois de plus de 55 375 000
ans, dispensés de recherche d’emploi :
_______________________________________________________________________________________________________
TOTAL 3 861 400
Le détail des catégories est consultable sur le site www.travail.gouv.fr. Et ces chiffres ne prennent pas en compte les bénéficiaires du RMI : Martin Hirsch admettait récemment : "un peu plus de la moitié des RMIstes sont au chômage mais ne sont pas comptabilisés comme chômeurs". En intégrant une moitié des 1.100.000 RMIstes, on arrive à un nombre total de chômeurs qui dépasse 4.350.000 !
C’est ballot, ils ont juste jeté un coup d’œil sur la première ligne et omis les suivantes….
Aujourd’hui va être votée la loi sur le temps de travail….
Ce qu'a
écrit Jean-Luc Mélenchon sur son blog est clair et explicite : « La loi sur le temps de travail est la sixième loi sur ce
thème depuis la défaite de la gauche en 2002. Celle-ci fait s’effondrer le pilier central de l’ordre public social qu’est la hiérarchie des normes. Il faut bien comprendre ce point essentiel. Par
exemple, dans la nouvelle loi, la fixation du contingent annuel d’heures sup, leur taux de majoration et les repos compensateurs seront désormais fixés par des accords d’entreprises ou
d’établissement et seulement à défaut par la loi ou un accord de branche. La hiérarchie des normes issue du Front populaire et de la Libération voulait au contraire que l’accord d’entreprise ne
puisse déroger à l’accord de branche ou à la loi que s’il était plus favorable.
Avec ce renversement de la hiérarchie des normes la loi devient donc subsidiaire. L’accord
d’entreprise devient la source de droit commun des règles du temps de travail. On en revient à la situation du droit du travail avant les conventions collectives (1936) et les lois sur le marché
du travail. On fait ainsi comme si la négociation dans l’entreprise était libre et égalitaire. Ce n’est jamais le cas en raison de la nature déséquilibrée de la relation de travail qui implique
un lien de subordination du salarié à l’employeur.
Cette primauté de l’accord d’entreprise va conduire à une anarchie générale des normes applicables en matière de temps
de travail et à une concurrence sauvage entre entreprises poussée au dumping social. C’est tout le système des négociations de branche qui est aussi déstabilisé, alors que grâce au mécanisme
d’extension, la France avait atteint le record de l’OCDE en matière de couverture des salariés par les conventions collectives (97 % des salariés couverts). Les entreprises ayant les mains libres
pour négocier en interne, elles n’auront plus de réel intérêt à s’entendre au niveau de la branche.
Cet article crée aussi un précédent dangereux. Si cette logique de primauté de l’accord d’entreprise était étendue aux
autres secteurs du droit du travail la plupart des conquêtes historiques des travailleurs gravées dans la loi depuis 2 siècles pourraient être annulées.
En effet, pas une grande conquête sociale en France n’a été faite sans qu’une loi l’impose :
- l’encadrement du travail des femmes et des enfants au 19ème siècle, c’est la loi.
- l’indemnisation des accidents du travail en 1895, c’est la loi.
- la généralisation des retraites ouvrières et paysannes en 1910, c’est la loi.
- la création des congés payés et la semaine de 40 heures en 1936 c’est la loi.
- la création des comités d’entreprises et de la sécurité sociale en 1945/46, c’est la loi.
- l’instauration du salaire minimum en 1950, c’est la loi.
- la retraite à 60 ans en 1981, c’est encore la loi.
A l’inverse personne ne peut citer une grande avancée de la condition des travailleurs qui auraient résulté des négociations
d’entreprise …
Extraits de l’analyse de Jonathan Sapène (membre de la Convention pour la 6ème République (C6R), site altercomite.c6r.fr.) sur la réforme des institutions (NB: cette analyse porte sur le texte adopté par l’Assemblée nationale le 3 juin 2008.) :
«Les “avancées” en faveur du Parlement sont mineures ou inconsistantes, quand elles ne sont pas des leurres»
1. Les dérives présidentialistes de la Ve République sont renforcées. Le projet accentue le déséquilibre de notre régime au profit du président de la République. Sous couvert de responsabiliser politiquement le Président, ce qui est juridiquement faux, le texte lui permet de dicter directement ses projets à un Parlement qui demeure dans une situation de soumission institutionnelle. Le Président de la République accroît subrepticement son pouvoir gouvernant au détriment du Premier ministre sans en subir la contrepartie : le contrôle parlementaire.
2. Les “avancées” en faveur du Parlement sont mineures ou inconsistantes, quand elles ne sont pas des leurres. Même si l’on note quelques “avancées” en faveur du Parlement (notamment l’augmentation du nombre de commissions parlementaires, le partage de l’ordre du jour avec le gouvernement et la discussion des textes adoptés en commission), le projet ne bouleverse pas fondamentalement le système de la Ve République, faute notamment de reconnaître un véritable rôle d’initiative et de contrôle à l’opposition parlementaire, et contient nombre de dispositions potentiellement dangereuses pour les parlementaires (comme sur le droit d’amendement). Bon nombre des mesures censées limiter les pouvoirs du gouvernement sont des leurres. C’est le cas, très significatif, de la prétendue limitation du recours à l’article 49/3 par le Premier ministre (qui permet à ce dernier de faire adopter une loi sans vote à l’Assemblée nationale). En réalité, l’expérience des dix dernières années montre que les gouvernements successifs ont utilisé cette possibilité moins d’une fois par session. C’est le cas aussi du prétendu contrôle parlementaire sur les nominations présidentielles (la majorité des 3/5èmes pour s’opposer aux candidats présidentiels est en pratique inatteignable) ou sur les opérations militaires extérieures (alors que le Parlement n’a toujours pas le droit d’être informé des accords de défense avec nos partenaires étrangers).
3. Notre Constitution est toujours aussi peu citoyenne. Le Conseil constitutionnel (dont la composition politicienne est inchangée) peut être saisi par les justiciables, un “défenseur des droits des citoyens” est institué (mais ses attributions sont floues et pourraient masquer l’affaiblissement d’institutions existantes, comme la CNIL), un référendum “d’initiative populaire” est institué (mais il ne peut être engagé que par les groupes parlementaires dominants et peut être facilement évité par le Premier ministre) : les progrès sont bien maigres. Le projet enterre des questions autrement importantes : un véritable référendum d’initiative populaire, l’initiative législative citoyenne, le droit de vote des étrangers, etc. Il refuse de traiter un enjeu essentiel : le pluralisme dans les médias.
4. De façon générale, les dispositions du projet sont imprécises et floues, ou renvoient à des textes ultérieurs dont on ignore les orientations. Le projet ne contient pas la réforme, il la promet. On dénombre au total pas moins de 17 renvois à des textes d’application ultérieurs, soit près de la moitié du nombre d’articles de la Constitution touchés par la réforme. Or on ignore tout des décisions qui seront prises, de leurs orientations et de leur contenu. Le projet est en fait un blanc-seing accordé au gouvernement et à sa majorité l’autorisant à réformer les institutions, sans aucune garantie quant à ses intentions réelles.
5. Les principales anomalies démocratiques ne sont pas corrigées. C’est le cas d’abord du Sénat qui, en raison de son mode de désignation, ne représente absolument pas la nation française, alors qu’il possède le pouvoir de bloquer la modernisation de nos institutions. C’est le cas, ensuite, du cumul des mandats. 85% des parlementaires français cumulent plusieurs mandats, contre 10% en Allemagne et 13% en Grande-Bretagne. Or le cumul des mandats, au-delà de la question morale qu’il pose (l’élu qui ne se consacre pas pleinement au mandat qui lui a été confié par les électeurs ne trahit-il pas leur confiance?), est un obstacle majeur à la modernisation politique de notre pays.»
La révision constitutionnelle a été adoptée par le Congrès à une voix de majorité. La légitimité du scrutin s’en trouve évidemment fragilisée.Par ailleurs, la C6R regrette les manoeuvres politiciennes qui ont préludé à ce vote. Il est particulièrement grave qu’une réforme d’une telle ampleur n’ait été présentée à aucun moment aux citoyens, et que son adoption ait donné lieu à des tractations politiciennes qui en disent long sur la désinvolture du Gouvernement.
La C6R proposera très prochainement une réflexion plus aboutie sur les conséquences probables de cette réforme. La C6R restera vigilante sur les suites de la révision constitutionnelle, dont le visage définitif ne sera connu que dans plusieurs mois, lorsque les nombreuses lois organiques prévues par le texte seront débattues par le Parlement.
Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier répondant au doux nom d’EDVIGE, celui-ci organise le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » et a pour but de « centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morale ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif » de "de centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ; de permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées. »
L’enregistrement des données à caractère personnel n’a aucune limite, ni dans le temps ni dans son contenu, puisque pourront être répertoriées toutes les informations relatives aux fréquentations, au comportement, aux déplacements, à l’appartenance ethnique, à la vie sexuelle, aux opinions politiques, philosophiques et religieuses, au patrimoine, au véhicule etc….et ce nouveau décret va beaucoup plus loin que celui du 14 octobre 1991 qui permettait déjà aux Renseignements Généraux de récolter et détenir des informations sur les personnes majeures impliquées dans le débat public.
Le CNIL et le conseil de l’Europe ont émis de nombreuses réserves concernant ce fichier, mais le gouvernement entend passer outre, et fait le choix d’attenter aux libertés individuelles et d’ignorer le respect de la vie privée des personnes…
De même que la rétention de sûreté a vocation à prévenir d’un crime hypothétique, EDVIGE pourra avoir vocation à se prémunir contre toute forme d’opposition. L’effet dissuasif d’un tel fichage/flicage sur toute forme de contestation ou d’opposition n’est pas fortuit….en effet, comment ne pas rapprocher EDVIGE du contexte autoritaire qui se met en place, avec le développement de l’état policier, le musèlement de l’opposition, la remise en cause de l’indépendance des médias, comme celle de la Justice….
En habile stratège, monsieur Sarkozy met en place sa politique totalitaire. Son agitation perpétuelle, qui ne laisse pas de jour sans annonce tonitruante, n’est en fait que le rideau de fumée qui masque l’essentiel. Toutes ces annonces, toutes ces décisions, toutes ces nouvelles lois qui le plus souvent s’en prennent aux acquis sociaux, à la vie quotidienne des français, leur plombant le moral un peu plus chaque jour, mais en même temps, en les attaquant de toutes part et sans cesse, les laissent démunis, impuissants à s’organiser pour faire front à ces attaques. Un tourbillon, une spirale infernale….les français ne savent plus par quel côté se protéger…et pendant ce temps là, c’est aux valeurs de la démocratie qu’on s’en prend, c’est au le cœur même de notre république que se fait le travail de sape ; en arrière plan, il manœuvre habilement et est en train de verrouiller le pays.
Réforme de la Constitution :
On voudrait nous faire croire que cette réforme renforcerait le rôle du parlement…or il n’en est rien, il n’y a pas de réel rééquilibrage en faveur du parlement. Cette réforme vise surtout à renforcer les pouvoirs du président en affaiblissant le rôle du premier ministre. La modification de l’article 49-3, celui qui permet de faire adopter sans débat un texte, en engageant la responsabilité du gouvernement, conduit là encore à renforcer le pouvoir présidentiel. Le gouvernement voit ses capacités d’actions face au parlement réduites : désormais il ne pourra engager sa responsabilité qu’une fois par an (or budgets de la nation et de la sécurité sociale), alors que le président pourra toujours user de l’arme absolue qu’est la dissolution. Le président se voit aussi obtenir le droit de convoquer les parlementaires à Versailles pour leur signifier ses volontés à tout moment….Le nouveau droit du président de s’adresser directement aux deux assemblées aura pour effet de lui donner encore un pouvoir supplémentaire pour imposer sa volonté au parlement sans contrepartie, puisque ce dernier sera interdit de vote sur les déclarations présidentielles.
Réforme du scrutin :
Il est prévu de changer le mode de scrutin pour certaines élections (régionales et législatives), cela aboutirait à une confrontation UMP/PS et à la disparition des autres partis. C’est un enterrement de première classe pour la démocratie, la mise au tombeau de tous les autres partis. Plus de jeux d’alliance du second tour qui obligent les deux grands partis à écouter les électeurs-ces derniers n’auront d’ailleurs plus le choix de revendiquer telle ou telle orientation politique- il faudra voter « utile » tout de suite sans pouvoir exercer une quelconque influence sur les deux en lices. Il est sans dire que ce mode de scrutin avantage largement le pouvoir en place. D’ailleurs monsieur Sarkozy ne s’en cache pas, puisque lui-même a déclaré à François Hollande dans l’avion qui les ramenait de Beyrouth le 7 juin, qu’il allait le « niquer » (du Sarkozy dans le texte) en changeant le mode de scrutin pour les régionales de 2010.
Sans oublier monsieur Marlaix, grand spécialiste de redécoupage de carte électorale, nommé à cet effet
Main mise sur l’audio-visuel public :
vendredi 27 juin 2008, par Olivier Bonnet
Ainsi a tranché l’homme qui décide de tout et se contrefiche de mettre à bas tous les principes démocratiques. Première étape : on supprime la publicité sur France
Télévisions. Les sarkozistes prétendent toujours que la majorité présidentielle ne fait qu’appliquer les engagements pris par le candidat UMP durant la campagne. Sauf que ça dépend.
En l’occurrence, jamais n’avait été évoqué ce projet, avant que l’homme qui se prenait pour un visionnaire ne le sorte de son chapeau tout à trac, lors de la conférence de presse du 17 janvier
2008, sans même en avoir informé la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, il est vrai parfaite bénie-oui-oui. Suppression de la publicité, donc. Pour quoi faire ?
Double avantage : faire plaisir à Martin Bouygues, parrain du fils de
Sarkozy et propriétaire de TF1. Les annonceurs qui ne passeront plus sur le service public vont aller garnir le portefeuille des chaînes privées. La Tribune peut dès lors
titrer : Sarkozy prêt à supprimer la pub sur les chaînes publiques, TF1 et M6 s’envolent : leurs actions
en bourse grimpent ce jour-là respectivement de 11,97% et de 7,46% à 17,7 euros. Deuxième intérêt : en privant France Télévisions de 30% de ses ressources, on rend le service public
d’autant plus dépendant de l’État, ce qui prélude à une reprise en main politique. Que réclame en effet le président ? Qu’il lui appartienne désormais personnellement de nommer le patron de
France Télévisions, pas moins !
"C’est un véritable déni de démocratie. On retourne quarante ans en arrière !", proteste sur Le Post Alain Téaldi, président de l’intersyndicale de France Télévisions et grand reporter à France 3. L’opposition politique partage
son indignation : "Le service public, s’il est pieds et poings liés au budget de l’Etat, c’est plus de dépendance à l’égard du pouvoir politique, donc c’est une perte de liberté", constate le député socialiste Arnaud Montebourg, dénonçant la "propagande du pouvoir, l’utilisation des médias
comme arme de guerre" ; "Le service public devient directement dépendant de l’Etat : son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon
vouloir des gouvernants. Quelle marge de liberté restera-t-il à la télévision ? En réalité aucune", juge pour sa part François Bayrou,
président du Modem : "Tout ceci serait impossible dans des
démocraties de plein exercice. On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision" ; Anne Souyris, porte-parole des Verts, parle de
"procédé digne de Berlusconi" : "La nomination du président de France Télévisions par le gouvernement est une régression démocratique et un danger pour l’indépendance des
médias, déjà fortement mise à mal en France. Ce n’est pas pour renforcer la qualité des chaînes publiques qu’on supprime leurs subsides publicitaires, mais pour mieux contrôler les
chaînes publiques et acheter à bon prix la bienveillance des chaînes privées, dont TF1" ; jusqu’à l’ancien ministre socialiste Jack Lang, qui délaisse son rôle de bouffon pour emboîter
le pas de la jeune femme avec cette analyse lucide : "il n’est pas impossible que derrière toutes ces réformes il y ait la volonté d’une double mainmise : mainmise via le service
public (...) et mainmise à travers des amis du pouvoir ici ou là dans les chaînes privées". Pas impossible, dit-il ?
Comment donc le pouvoir justifie-t-il cette formidable régression ? En une grotesque défense, résumée dans la
bouche du Premier ministre François Fillon : "Je pourrais développer longuement devant vous tout le caractère hypocrite du système actuel de
nomination du président de France Télévisions".
Actuellement, cette prérogative appartient au Conseil supérieur de l’audiovisuel. Un CSA dont tous les membres ont été nommés par la droite, qui est présidé par Michel Boyon, ancien
directeur de cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP). Il comprend parmi ses huit autres membres Alain Méar, ancien directeur de cabinet du président du sénat Christian
Poncelet (UMP) - et nommé au CSA par ce dernier ! -, Elisabeth Flüry-Hérard, ancienne conseillère au cabinet du ministre Jacques Toubon (UMP) et Marie-Laure
Denis, ancienne directrice-adjointe du cabinet du maire de Paris Jean Tibéri (UMP), puis directrice adjointe du cabinet du ministre Jean-François Mattéi (UMP) et ensuite
directrice du cabinet du ministre Christian Jacob (UMP). Les autres sont Michèle Reiser, journaliste auteur de deux très complaisants documentaires sur Alain Juppé (UMP),
diffusés en 1996 sur France 3 et en 2002 sur France 5, et d’un autre non moins lèche-bottes sur Jean-Claude Gaudin (UMP), Agnès Vincent-Deray, auteur de l’immortel
Bernadette Chirac, première dame de France (France 3), nommé ensuite par le mari de cette dernière, et enfin Rachid Arhab, journaliste à qui l’on n’a rien à reprocher... si ce
n’est de servir d’alibi à une assemblée aussi unanimement couleur bleu horizon. En mettant le doigt sur l’hypocrisie du système actuel, Fillon reconnaît donc que l’organisme chargé de veiller à
l’indépendance et la pluralité de l’information est en réalité totalement soumis à la droite. Il est clair qu’une nomination directement par Sarkozy est moins hypocrite, mais le but est-il bien,
sous prétexte de transparence, de parvenir à l’asservissement politique total ? Manifestement incohérent, le Premier ministre objecte : "il y aura un double contrôle, celui du
CSA et celui du Parlement". Or il vient de dire que la nomination par le CSA est hypocrite ! Et que penser de l’hypothèse qu’une Assemblée où l’UMP est largement
majoritaire s’oppose à la nomination faite par le chef de l’État ? À hypocrisie, hypocrisie et demie. Voilà donc comment la démocratie française va désormais garantir la pluralité et
l’indépendance de ses médias télévisuels : avec les amis de Sarkozy à la tête des chaînes privées et... les amis de Sarkozy à celle du service public. Heureusement, il restera la presse
écrite et des journaux d’opposition comme Libération, qui offre la Une et six pages complaisantes à Carla Bruni-Sarkozy : on est sauvé !
Justice :
Réforme de la carte judiciaire, mise en place des peines planchers (avec leur application presque mécanique), loi sur la récidive, dépénalisation des affaires concernant les chefs d’entreprise…La réforme de la carte judiciaire menée tambour battant de façon autoritaire et sans concertation vise à supprimer bon nombre de tribunaux, après cela on viendra dire qu’il faut rapprocher la justice des citoyens….D’autant que les tribunaux d’instance, concernés au premier chef, 176 suppressions sur 473, sont ceux où s’exerce la justice de proximité - saisies sur salaires, affaires de loyers impayés, enregistrement des déclarations de nationalité française, certificats de nationalité etc. Nombre de fermetures également pour les prud’hommes…
Mai 2007 (de triste mémoire) Nicolas Sarkozy est élu avec 53% des voix, c’est un triomphe, le peuple s’est exprimé, l’a plébiscité. Depuis ce temps, et malgré sa chute spectaculaire dans les sondages (il y a quand même parfois une bonne nouvelle : Nicolas Sarkozy bat les records d’impopularité calculés depuis que les sondages existent) il revendique ces 53% pour justifier toutes ses actions, toutes ses décisions. Lui et son gouvernement s’abritent derrière ces 53% en toute occasion.
Un vote vient d’avoir lieu en Irlande : le peuple consulté par référendum (eux….) a rejeté à 53% le soi-disant mini-traité européen. Soudain 53% devient un incident. On feint de ne pas se soucier de ce résultat : d’ailleurs on continue de faire ratifier le traité de Lisbonne par les autres pays. Peut-être dans un moment de grande bonté, va-t-on réexpliquer au irlandais - forcément dire « non » à ce traité, c’est parce que ignares qu’ils sont, ils n’ont rien compris - puis on va leur donner une deuxième chance. Peut-être se verront-ils offrir la possibilité de ne pas se tromper une seconde fois. Il s’agirait de bien voter ce coup-là. Quelle condescendance…quel mépris….
Après un mois sabbatique pris afin de ne pas être pris dans le flot de paroles et d’écrits sur l’ « anniversaire » de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, il faut malheureusement continuer à dénoncer la dérive ultralibérale de ce gouvernement. Un anniversaire est une fête, or dans ce cas nous vivons un cauchemar : il fut impossible de participer à cette logorrhée médiatique. Car s’il faut tirer un bilan de cette première année, ce ne peut être qu’un bilan sans complaisance. Nicolas Sarkozy revendique la rupture, et rupture il y eut : dans la manière d’exercer le pouvoir avec l’omniprésence de ce chef d’Etat qui se mêle de tout, qui réagit et fait des annonces selon son bon vouloir et cela sans concertation aucune avec son gouvernement ni les instances concernées, et surtout sans aucune réflexion sur l’opportunité ni le bien-fondé de ses annonces, la démocratie est asphyxiée et désormais l’assemblée nationale ressemble plus à une chambre d’enregistrement des lois qu’un lieu ou on réfléchit, rupture aussi avec les droits de l’homme, la France n’est désormais plus la patrie des droits de l’homme. On ne peut que s’alarmer face au « tout sécuritaire », servi par une escalade législative, on ne peut qu’être inquiet face à cette société du contrôle et de la surveillance qui tend à s’imposer (multiplication et le croisement des fichiers sur les personnes), face à un pouvoir prétendant définir l’identité nationale, sélectionner les immigrés (quitte à les soumettre à des tests ADN) et traquer les sans-papiers jusqu’à déclencher les pires drames humains. La rupture gagne aussi le monde du travail, c’est désormais la régression plutôt que le progrès qui l’emporte. Rupture encore sur le plan diplomatique la patrie des droits de l’homme se voit recevoir ou louanger des hommes comme Kadhafi ou encore Poutine, c’est une diplomate désinhibée qui s’exerce et qui accorde la prééminence à la valeur « contrat » au détriment des droits de l’Homme.
Un an est passé, le pire que nous avions imaginé s’est mis en place, il en reste encore quatre….et les débuts de cette deuxième année de mandat font déjà très mal. Après un mois de mai où nombreuses furent les actions sociales, nombreuses furent les manifestations : ce gouvernement qui ne veut pas entendre le bruit de la rue, tire au boulet rouge sur ce qu’il reste des acquis sociaux. Le début fut rude, la suite nous prouvera que cela peut être pire encore….plus que jamais la vigilance s’impose. Mais être vigilant ne suffit pas, dénoncer les actes iniques de ce gouvernement est une chose, encore faut-il se donner les moyens de les combattre : il serait temps que les partis politiques d’opposition s’unissent et que les divers mouvements de protestation se coordonnent. Pour l’instant tel le commencement d’un feu d’artifice, des mouvements sporadiques éclatent un peu partout, chacun dans son coin, à quand le bouquet final ?
Après une augmentation en janvier, le prix du gaz s’envole à nouveau : encore un nouveau coup de canif dans le pouvoir d’achat des français. Et pourtant, les coûts d’importations de Gaz de France ont baissé de 10 % entre 2006 et 2007. Cette envolée du prix est due à la fusion avec Suez, il ne faudrait surtout pas mécontenter les futurs actionnaires. GDF est en très bonne santé financière, ses résultats sont en forte croissance, les bénéfices versés aux actionnaires également. La CGT qui rappelle que GDF a annoncé, le 15 octobre dernier, dans un communiqué commun avec Suez, leur augmentation de 50 % sur trois ans, soutient que la hausse des tarifs est « le seul moyen de tenir les promesses faites aux actionnaires ». CQFD.
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